. J'avais marché cinq bonnes heures quand le soleil commença à se coucher. Il fallait absolument que je trouve un endroit où passer la nuit car je savais très bien qu'il n'y avait pas que les loups-garous comme créature dangereuse dans les parages, j'en étais certaine et un combat ne me tentait vraiment pas.D'autant plus que, ne connaissant pas encore tout mes pouvoirs de loup-garou, je n'étais absolument pas sûre de le gagner.
. De plus, j'avais comme l'impression d'un danger imminent, je n'avais encore jamais ressenti cette sensation. Surement un instinct de loup-garou... Je devais rester sur mes gardes, et, bizarrement, même après toutes ces heures de marche, je n'étais pas fatiguée, et tout mes sens étaient à l'affut de la moindre trace de danger.
. Mais soudain, et malgré mon ouïe maintenant surdéveloppée, je ne l'entendis pas arriver avant qu'il ne soit derrière moi, que je ne me rende soudain compte de sa présence et que je me retourne pour découvrir ce garçon. En le voyant, je restai bouche bée. Il était d'une incroyable beauté, encore plus beau que tout ce que j'avais pus imaginé. Il avait de magnifique cheveux blonds, des yeux bruns, un nez parfaitement droit et une magnifique bouche qui me souriait. Mais le plus bizarre, c'est que ce garçon n'avait absolument aucune odeur ! J'étais hypnotisée par ce visage d'ange quand il avança d'un pas.
- Vous allez bien ? On dirait que vous avez vu un fantôme ! dit-il d'une voix mélodieuse et amusée.
- Je... Oui... C'est... C'est juste que vous m'avez surprise... bégayai-je.
- Oh ! Excusez-moi, ce n'était pas mon intention. Mais qu'est ce qu'une adorable jeune fille comme vous fait dans les parages à cette heure ? Ne savez-vous donc pas qu'il n'est pas très prudent de se promener par ici à la tombée de la nuit ?
. Je rougis légèrement, je n'avais pas l'habitude qu'on me complimente – encore moins sur mon physique.
- Je... Je sais, je cherchais justement un endroit où passer la nuit quand... quand je me suis rendu compte de votre présence...
- Et bien quelle coïncidence ! J'habite justement un peu plus loin avec ma mère dans une maison au bord de la rivière, voudriez-vous y loger cette nuit ?
- Je... Je ne voudrais pas vous déranger...
- Mais pas du tout ! Puisque c'est moi qui vous le propose !
- Bon... hem... Et bien d'accord, acceptai-je, finalement.
- J'en suis très heureux ! On ne reçoit pas souvent du monde à la maison. Il faut dire que vivre en forêt à ces inconvénients ! Oh ! Mais quel impoli je fais, j'en oublie les bonnes manières ! Je suis Bobby, enchanté de faire votre connaissance !
- Moi de même. Je m'appelle Elizabeth, mais vous pouvez m'appeler Eli.
- Et bien, Eli, maintenant que les présentations sont faites, nous y allons ? Il commence à faire noir...
- B... Bien sûr, je vous suis.
. Bobby était un jeune absolument charmant, mais quelque chose clochait, et je n'arrivais pas à trouver de quoi il s'agissait. De plus, mon instinct de danger ne s'était pas calmé, c'était presque le contraire. Vraiment bizarre...
Nous quittâmes le sentier et, après quelques minutes, nous arrivâmes à une petite maison. Dés que je la vis, je me figeai.
- Qu'y a-t-il ? Vous vous êtes fait mal ? s'inquiéta immédiatement Bobby.
- Je... Cette maison... Je ne peux pas... bégayai-je en essayant de remettre mes idées en place.
. Cette maison ressemblait comme deux gouttes d'eau à ma maison. Je ne pouvais pas y aller. Rien qu'à la simple vue de cette maisonnette, je regrettai d'avoir quitté la mienne, et cela provoquât en moi une douleur au niveau de mon c½ur, alors qu'est ce que ça allait être si j'entrai dedans ! De toute façon, mes jambes refusaient de bouger. S'inquiétant, Bobby avança d'un pas vers moi, mis sa main sur mon épaule et planta ses yeux dans les miens.
- Ca va ? me demanda-t-il d'un ton anxieux.
- Je... Je suis désolée, mais je vais devoir décliner votre invitation... Je... Je dois partir.
- Quoi ? Alors qu'il fait nuit ? Surement pas ! C'est trop dangereux !
- Je... Je suis vraiment désolée... murmurai-je.
- Mais... commença-t-il.
. Je n'eus pas l'occasion d'entendre la suite car je partis en courant et les larmes me montèrent aux yeux. J'avais à peine rejoint le sentier quand Bobby apparut devant moi.
- Mais comment avez-vous... commençai-je.
- Ce n'est pas très poli de fausser ainsi compagnie à quelqu'un qui vous invite si gentiment à passer la nuit chez lui, m'interrompit-il d'un ton presque offensé. Pour une fois que je trouve quelqu'un d'aussi passionnant dans ces bois, il faut que cette personne s'enfuie.
- Je... Je suis désolée... Mais comment avez-vous su me rattraper si vite ? demandai-je, ahurie.
- Disons que je cours très vite, dit-il sur un ton assuré.
- Ce n'est pas possible. J'aurai dû vous voir me dépasser, et ça n'a pas été le cas...
- Avec les yeux fermés, ça aurait été dur, rétorqua-t-il.
. Là, il avait marqué un point. J'étais sur mes gardes, guettant le moindre de ses gestes... J'étais à présent consciente que le danger dont m'avait prévenue mon instinct, c'était lui, en fait.
Une minute... Comment savait-il que j'avais fermé mes yeux pour retenir mes larmes ? De plus, je ne l'avais même pas entendu, ce qui était vraiment étrange - vu mon ouïe. De plus, ses yeux étaient à présent rouge vif.
- Comment avez-vous fait pour voir que je fermai les yeux ? Une personne normale ne l'aurait pas vu à pareille distance de moi.
- Je suis très attentif.
- Admettons, même si cela me parait fort peu probable, voire pas du tout. Alors dites-moi comment, moi qui suis aussi très attentive, je ne vous aie pas entendu arriver ? De plus, comment expliquez-vous que vos yeux aient changé de couleurs ?
. Je l'avais coincé, et il le savait. Il parut contrarié que j'aie remarqué tant de choses.
- On dirait que tu as une aussi bonne vue que moi. Je savais depuis le début que tu me poserais des problèmes, toi qui n'as aucune odeur, dit-il soudain agressif, mais j'adore les défis.
. Aucune odeur? Il ne pouvait donc pas me sentir non plus. Maintenant j'en étais absolument sûre, il n'était pas humain! Il bougea à peine, et en un instant, se retrouva derrière moi. Je me retournai et m'étonnai de ne pas être effrayée par lui, alors que j'aurai dû être terrorisée. J'étais même assez à l'aise, ce qui n'était pas normal du tout. J'avais comme l'impression - voyant qu'il était devenu agressif et qu'il attendait le bon moment pour bondir - que s'il y aurait un combat, je le gagnerai, ce qui était encore moins normal.
- Qu'est ce que vous êtes ? demandai-je, curieuse.
- C'est étrange, d'habitude, mes victimes partent en courant, à ce moment-ci. Je savais bien que tu étais différente. Tu n'as pas peur de moi ?
- Qu'est ce que vous êtes ? répétai-je.
- Je ne vois aucune raison de te le cacher, puisque tu vas mourir. On m'appelle de plusieurs façons : monstre, démon, être froid, buveur de sang mais le plus communément, on me donne le nom de vampire.
. Avant que je n'eus le temps de réagir sur ce que je venais d'entendre, il se jeta sur moi.